116 plaintes déposées dans l’affaire du Mediator

pillulesLe Mediator, un nom très peu connu il y a encore quelques temps, mais qui défraie les chroniques santé en ce moment. La raison : ce médicament, destiné aux diabétiques et prescrit comme coupe-faim, est pointé du doigt comme étant la cause de nombreux décès de patients, souffrant de complications cardio-vasculaires sévères.

Historique de l’affaire

Mis en vente sur le marché français dès 1976, le Mediator a finalement été retiré des ventes en 2009. D’une efficacité jugée insuffisante, de nombreux médecins avaient, dès les années 90, alertés les pouvoirs publics sur les dangers de ce médicament. Des cas de valvulopathie se seraient déclarés chez bon nombre de patients exposés au Mediator.
Inefficace et dangereux : voilà ce que dénoncent les médecins,  épidémiologistes  et associations de victime.
Critiquée dans la gestion de ce dossier, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), vient  de lancer une campagne d’information pour rechercher tous les patients qui ont pu suivre ce traitement.

Enquête publique

Les pouvoirs publics ont vivement réagi ces derniers temps. Sur demande des députés PS, une mission d’information parlementaire sur le Mediator vient d’être créée et devrait commencer ses travaux dans le courant du mois de janvier.
D’autant que 116 plaintes pour homicides et blessures involontaires ont été déposées la semaine dernière devant la justice française par l’Association des victimes de l’Isoméride et du Mediator. Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre par le parquet de Paris.
Le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a annoncé hier que des mesures seraient prises dans le courant de l’année pour lancer « une refondation en profondeur » du système de contrôle du médicament.

Le dossier du Mediator provoque un vif débat en France sur l’influence des laboratoires pharmaceutiques sur les décisions de santé publique. On se dirige tout droit vers une affaire bis du sang contaminé.
Rappelons que plus de 300 000 patients suivaient chaque année ce traitement, pour un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros.

E. B.

Rendez-vous sur Hellocoton !