Étude médicale : l’anorexie ou le plaisir de maigrir

femme anorexique prend plaisir à maigrirEt si l’anorexie ne découlait en réalité pas de la peur de grossir, mais plutôt du plaisir de maigrir. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs de l’INSERM (Institut national de la recherche médicale) qui se sont livrés à une expérience très riche en enseignements.

Le principe de l’expérience

Les chercheurs ont testé les réactions de 70 femmes anorexiques et 20 non-anorexiques devant des images de silhouettes. Alors qu’aucune réaction particulière, ni dégoût, ni satisfaction, ni intérêt, n’a été décelée vis-à-vis d’images montrant des personnes en surpoids, les femmes anorexiques testées ont en revanche ressenti du plaisir en voyant des images de femmes maigres. Une réaction d’envie que n’ont pas éprouvée les autres femmes testées ne souffrant pas d’anorexie.
Ainsi maigrir serait devenu une addiction, selon Philip Gorwood, praticien au centre hospitalier Saint-Anne qui a dirigé l’étude. « Les femmes atteintes d’anorexie mentale ressentent qu’elles doivent perdre du poids pour aller mieux. Elles sont dans une sorte de quête désespérée : maigrir un peu plus pour moins souffrir. Et leur cerveau leur indique que la réponse au mal-être, c’est la restriction alimentaire », déclare-t-il. Ce ne serait donc plus la peur de grossir qui les maintiendrait dans l’anorexie, mais plutôt la satisfaction d’être maigre.

Quid des traitements ?

Les traitements de cette maladie mentale, qui entraîne le décès de 1 % des malades, pourraient être appréhendés autrement, comme on soigne d’autres addictions, via des systèmes de récompense, de rééducation des fonctions cognitives ou de thérapie en pleine conscience. On peut citer par exemple la remédiation cognitive, une sorte de gymnastique du cerveau qui vise à stimuler les capacités d’adaptation dans des situations où les règles changent.

E. B.

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