Le procès du Mediator aura bien lieu…

Pour les victimes et leur famille, c’est une première victoire ! La Cour de cassation vient de refuser le regroupement des procédures en cours à Nanterre et Paris. Avec cette décision, le procès des laboratoires Servier aura lieu dès l’été 2012.
Deux avocats des victimes, Me François Honnorat et Me Charles Joseph-Oudin, se sont déclarés satisfaits : « Nous étions habitués à des dossiers instruits sur des dizaines d’années et au bout du compte il n’y avait personne à juger ». Avec cette décision, les laboratoires passeront devant le juge dès mai 2012 à Nanterre ce qui accélèrera la procédure d’indemnisation.

Rappel des faits

Dans l’affaire du Mediator, le fondateur Jacques Servier et plusieurs hauts dirigeants des laboratoires sont mis en examen pour « tromperie aggravée sur la nature, la qualité substantielle et la composition du produit », « escroquerie » et surtout « homicides et blessures involontaires ».
Plusieurs anciens chercheurs de chez Servier ont avoué que la société avait menti sur la nature du Mediator pour obtenir son autorisation de mise sur le marché en 1973. Ils ont fait passer le Mediator pour un antidiabétique destiné aux personnes en surpoids alors qu’il s’agissait en fait d’un coupe-faim dérivé des amphétamines.

Conflit d’intérêt

Le drame du Mediator, qui a entraîné entre 500 et 2000 décès de patients français en trente ans, remet en cause le rôle de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des médicaments) qui aurait fermé les yeux durant des années sur les agissements des laboratoires Servier et sur les effets nocifs du médicament. En France, le Mediator a été commercialisé jusqu’à la fin 2009, c’est-à-dire 12 ans après les États-Unis et 4 ans après l’Italie et l’Espagne ! Beaucoup soupçonnent donc un conflit d’intérêts : l’Afssaps dépend totalement des financements de laboratoires privés pour vivre et donc entre autres des laboratoires Servier !

E. B.

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