Mediator : l’Afssaps dans le collimateur de la justice

« Failli à sa mission de service public de veille sanitaire ». C’est avec cet argument juridique qu’un avocat réunionnais a déposé une plainte lundi à l’encontre de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) dans l’affaire du Mediator.
L’avocat, représentant d’une association réunionnaise des victimes du Mediator, accuse l’agence de manquement à son devoir pour ne pas avoir retiré le médicament incriminé dès les premiers signaux d’alerte en 1999. « Il est désormais établi que la prise de ce médicament expose les patients à de graves risques cardiovasculaires, a affirmé l’avocat. Il fallait retirer ce produit du marché car il était dangereux ». Rappelons que ce n’est finalement qu’en 2009 que le Mediator sera définitivement retiré du marché.
Mais c’est au nom de Chantal Ethève, 54 ans, présidente de cette association de victimes et actuellement atteinte d’une pathologie cardiaque, que l’avocat attaque l’Agence, mais aussi les laboratoires Servier pour « blessures volontaires », n’hésitant pas à parler de « complicité ».

Complicité de l’Afssaps ?

Mis en cause dans d’autres sujets épineux, comme le scandale de l’hormone de croissance ou celui du Tamiflu, le fonctionnement de l’Afssaps est fréquemment remis en cause. Surtout quand on sait qu’elle dépend à 100 % des laboratoires privés pour vivre, puisqu’aujourd’hui, l’Etat ne finance plus cette structure censée être indépendante. Cependant, elle vit des taxes et redevances prélevées sur les laboratoires. Une proximité entre laboratoires et l’Afssaps déjà dénoncée par le Dr Irène Frachon, auteur du livre scandale sur le Meditator.
L’Afssaps devrait rapidement faire face à d’autres plaintes, d’autant que plusieurs victimes du Mediator envisagent de poursuivre également l’agence.

E. B.

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